top of page

Travaux dans un bail commercial : qui paie quoi et pourquoi

  • Photo du rédacteur: ARKIMMO INTERNATIONAL
    ARKIMMO INTERNATIONAL
  • il y a 1 jour
  • 14 min de lecture

Technicien examinant les dégâts sur un toit commercial

Les grosses réparations et les mises en conformité structurelles restent à la charge du bailleur depuis la loi Pinel, tandis que l’entretien courant et les réparations locatives incombent au locataire. Cette répartition ne vaut que si le bail comporte un inventaire précis des charges et travaux, faute de quoi le bailleur perd son droit de refacturation. Un état triennal détaillé conditionne toute la mécanique.

 

En bref:  
  • La répartition des travaux dépend de leur nature et doit être précédée d’un inventaire précis pour éviter toute contestation.

  • Les grosses réparations et mise en conformité restent à la charge du bailleur, sauf en cas d’absence d’inventaire ou de non-respect des obligations triennales.

  • Les travaux techniques comme les canalisations ou climatisations créent souvent des zones grises, nécessitant une qualification technique rigoureuse pour éviter les litiges.

  • La rédaction de clauses contractuelles précises et l’établissement d’un inventaire détaillé sont essentiels pour limiter les risques de désaccords lors de travaux ou de renouvellement.

  • En cas de désaccord sur la nature ou le coût des travaux, il est conseillé d’agir rapidement avec mise en demeure, expertises, et recours judiciaire si nécessaire.

 

Table des matières

 

 

Quel cadre juridique régit les travaux en bail commercial ?

 

La répartition des travaux dans un bail commercial ne relève pas d’un simple usage professionnel. Elle s’appuie sur un socle légal précis, construit autour de trois textes que tout directeur immobilier ou asset manager doit connaître par cœur avant de signer ou de renouveler un bail.

 

L’article 606 du Code civil définit les grosses réparations : gros murs, voûtes, rétablissement des poutres et planchers, couvertures entières, murs de soutènement et de clôture. Depuis la loi Pinel de 2014, ces travaux sont à la charge du bailleur pour tout bail conclu ou renouvelé après le 5 novembre 2014. Le décret d’application de cette loi a d’ailleurs verrouillé la porte que beaucoup de bailleurs empruntaient auparavant : il interdit désormais de transférer contractuellement au locataire les grosses réparations ainsi que les travaux de mise en conformité qui s’y rattachent, comme le précise le décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014.

 

À l’opposé, les articles 1754 et 1755 du même code fixent le périmètre des réparations locatives et de l’entretien courant : petites peintures, joints, serrures, ce qui relève du maintien en bon état d’usage plutôt que de la structure du bâtiment. Ces travaux restent, en principe, à la charge du locataire, sauf clause contraire négociée dans le bail.

 

Le troisième pilier, souvent sous-estimé, est l’article L.145-40-2 du Code de commerce. Ce texte oblige le bailleur à établir un inventaire précis et limitatif des charges, impôts, taxes et travaux liés au bail, annexé au contrat. Sans cet inventaire, le bailleur ne peut tout simplement pas refacturer ces charges au locataire. La loi impose également un état prévisionnel des travaux et un état récapitulatif transmis tous les trois ans, dans les deux mois suivant l’échéance triennale.

 

Concrètement, cela change la donne pour la négociation d’un bail commercial :

 

  • Une clause qui transfère au locataire l’ensemble des « grosses réparations » sans inventaire précis s’expose à être jugée non écrite.

  • Un bail signé avant 2014 peut encore contenir des clauses plus contraignantes, ce qui justifie toujours de vérifier la date de conclusion ou de renouvellement avant d’agir.

  • L’absence d’état triennal prive le bailleur d’un argument de refacturation, même plusieurs années après les travaux.

 

Ce triptyque légal, article 606, articles 1754/1755, article L.145-40-2, forme la grille de lecture de tout ce qui suit dans cet article.

 

Qui paie quoi, poste par poste, dans un bail commercial ?

 

La théorie juridique ne suffit pas quand une fenêtre casse ou qu’une chaudière collective tombe en panne un vendredi soir. Il faut pouvoir qualifier rapidement le poste concerné, et donc savoir qui décroche le téléphone et qui règle la facture.

 

Le gros œuvre et le clos-couvert restent quasi systématiquement côté bailleur

 

Les fondations, les murs porteurs, la charpente et la toiture relèvent presque toujours de l’article 606. Un affaissement de dallage, une fissure structurelle sur un mur porteur, une réfection complète de couverture : ce sont des travaux qui touchent à la solidité même du bâtiment, donc à la responsabilité du propriétaire. Les analyses pratiques du secteur confirment que la qualification d’un poste dépend avant tout de son impact sur la structure et la solidité de l’immeuble, comme le rappelle JBR Avocats.


Mains mesurant une fissure sur un mur commercial

Les installations techniques créent le plus de zones grises

 

C’est là que les litiges se concentrent. Une canalisation générale qui traverse plusieurs niveaux relève du bailleur ; un robinet qui fuit dans les sanitaires du preneur relève du locataire. Une chaudière collective vétuste qui doit être remplacée intégralement bascule souvent côté grosse réparation, tandis qu’un simple entretien annuel de la climatisation reste à la charge du locataire.

 

Voici comment se répartissent les postes les plus fréquemment sources de désaccord :

 

  • Toiture et étanchéité : réfection complète = bailleur ; nettoyage des gouttières = locataire.

  • Canalisations et réseaux généraux : remplacement d’une colonne montante = bailleur ; débouchage d’un siphon privatif = locataire.

  • Chauffage, ventilation, climatisation (CVC) : remplacement d’un équipement central vétuste = généralement bailleur ; maintenance courante et petites pièces = locataire.

  • Ascenseurs et monte-charges : grosses réparations mécaniques = bailleur ; contrat d’entretien périodique = souvent locataire selon la clause du bail.

  • Menuiseries extérieures : remplacement structurel = bailleur ; réparation d’une serrure ou d’une poignée = locataire.

 

Quand une réparation « locative » bascule en grosse réparation

 

Une fenêtre qui fuit ponctuellement reste une réparation locative. Mais si le cadre de la fenêtre est pourri au point de menacer l’étanchéité du mur, on entre dans le champ de l’article 606. Le critère n’est jamais la taille de la facture, mais la nature de l’intervention : touche-t-elle à la structure, à la solidité ou à la vétusté générale du bâtiment, ou se limite-t-elle à un maintien en état d’usage ?

 

Conseil de pro : avant toute intervention sur un poste ambigu (fenêtre, canalisation, équipement collectif), faites établir un diagnostic technique écrit précisant si le désordre relève d’un défaut d’entretien ou d’une défaillance structurelle. Ce document devient votre pièce maîtresse en cas de contestation ultérieure sur la répartition des travaux.

 

En pratique, l’exercice de qualification gagne à être anticipé dès la négociation du bail, plutôt que découvert au moment du sinistre. Un inventaire poste par poste annexé au bail réduit sensiblement le nombre de litiges de refacturation, car chaque partie sait à l’avance ce qui relève de sa poche.

 

Quelles sont les obligations d’information du bailleur ?

 

Le bailleur ne se contente pas de payer les grosses réparations : il doit aussi informer, documenter et anticiper. Cette obligation de transparence, souvent négligée dans les baux mal rédigés, devient l’arme principale du locataire en cas de désaccord.

 

L’obligation de délivrance impose au bailleur de livrer des locaux conformes à leur destination contractuelle et de les maintenir en état d’usage pendant toute la durée du bail. Cette obligation ne disparaît pas parce qu’une clause du bail tente de la limiter : les clauses qui déchargent totalement le bailleur de son obligation de délivrance sont regardées avec suspicion par les tribunaux, surtout lorsqu’elles portent sur des éléments structurels.

 

L’état prévisionnel des travaux et l’état récapitulatif triennal, exigés par l’article L.145-40-2, doivent être transmis dans les deux mois suivant chaque échéance de trois ans. Service-public rappelle que ces documents doivent détailler la nature des travaux envisagés ou réalisés ainsi que leur coût, et que leur absence prive le bailleur de toute possibilité de refacturation ultérieure.

 

Quand le bailleur reste inerte malgré une demande légitime, la procédure suit une logique graduée :

 

  1. Mise en demeure écrite, avec accusé de réception, fixant un délai raisonnable pour engager les travaux.

  2. Saisine du juge des référés si le bailleur ne réagit pas, notamment en cas d’urgence touchant la sécurité ou l’exploitation.

  3. Demande d’indemnisation pour perte d’exploitation si l’inaction du bailleur a causé un préjudice commercial mesurable.

 

Avant d’engager cette procédure, réunissez systématiquement les justificatifs suivants : le dernier état récapitulatif triennal reçu, l’inventaire annexé au bail, les devis ou rapports techniques établissant la nature du désordre, et l’historique des échanges écrits avec le bailleur.

 

Conseil de pro : conservez une trace écrite de chaque relance, même informelle. En cas de référé, la démonstration d’une inertie prolongée du bailleur pèse souvent plus dans la décision du juge que la seule gravité technique du désordre.

 

Que doit financer le locataire dans un bail commercial ?

 

Le locataire n’est pas seulement redevable de son loyer : il porte une part réelle de l’entretien du bien, encadrée elle aussi par des textes précis et par les clauses négociées au moment de la signature.

 

Les réparations locatives couvrent l’entretien courant du bien : remplacement de petites pièces, entretien des peintures intérieures, maintenance des équipements sanitaires privatifs, ou encore le remplacement d’ampoules et de petites fournitures. Ces travaux, définis par les articles 1754 et 1755 du Code civil, correspondent à ce qu’un usage normal des locaux impose naturellement au fil du temps.

 

Les travaux d’aménagement réalisés par le locataire, en revanche, obéissent à une logique différente. Cloisons, agencements commerciaux, enseignes, câblage informatique : ces interventions nécessitent presque toujours une autorisation écrite préalable du bailleur, sauf lorsque le bail prévoit explicitement une liberté d’aménagement. À défaut d’accord, le locataire s’expose à devoir remettre les locaux dans leur état d’origine à son départ, remise en état qui peut représenter une charge financière conséquente en fin de bail.

 

Trois précautions limitent le risque avant d’engager des travaux d’aménagement :

 

  • Obtenir l’accord écrit du bailleur, en précisant la nature exacte des travaux et leur devenir en fin de bail (maintien ou démolition).

  • Faire réaliser un état des lieux contradictoire avant travaux, daté et signé par les deux parties.

  • Vérifier la couverture assurantielle : une police responsabilité civile locative adaptée, et le cas échéant une garantie décennale pour les intervenants, protègent contre les sinistres liés aux travaux eux-mêmes.

 

Qui paie les mises en conformité imposées par la réglementation ?

 

Accessibilité, sécurité incendie, normes ERP : ces obligations réglementaires évoluent régulièrement, et chaque évolution rouvre la question du financement entre bailleur et locataire.

 

Le principe reste stable depuis 2014 : les mises aux normes qui touchent à la structure du bâtiment ou qui relèvent d’une grosse réparation au sens de l’article 606 restent à la charge du bailleur, sauf clause strictement rédigée et limitée dans son objet. Une clause générale imposant « toutes mises en conformité présentes et futures » au locataire risque d’être écartée par un juge, car elle contourne l’esprit protecteur de la loi Pinel.

 

La jurisprudence récente confirme et affine cette lecture. Plusieurs décisions de la Cour de cassation rendues entre 2023 et 2025 précisent que, sauf stipulation expresse et véritablement circonscrite, la mise en conformité liée à l’accessibilité ou à la sécurité incendie relève en principe du bailleur. Cette tendance protège le preneur face à des clauses rédigées de façon trop large, qui prétendaient transférer un risque réglementaire imprévisible au locataire.

 

Point de repère jurisprudentiel : plusieurs arrêts récents de la Cour de cassation ont confirmé cette orientation favorable au preneur, renforçant la nécessité pour les bailleurs de rédiger des clauses de mise en conformité précises et limitées plutôt que des clauses générales devenues risquées juridiquement.

 

Concrètement, cette ligne jurisprudentielle s’applique à des situations très courantes dans le parc tertiaire français :

 

  • Une mise en conformité incendie imposée après un contrôle de la commission de sécurité relève typiquement du bailleur, même si le bail contient une clause générale de mise en conformité.

  • Les travaux d’accessibilité PMR imposés sur les parties communes d’un immeuble ERP restent, dans la grande majorité des cas, à la charge du bailleur.

  • Une nouvelle norme énergétique apparue en cours de bail, sans lien avec un défaut d’entretien du locataire, tend également à peser sur le propriétaire.

 

Cette lecture jurisprudentielle mérite d’être intégrée en amont, dès la rédaction du bail, plutôt que découverte au moment d’un contrôle administratif surprise.

 

Comment agir en cas de désaccord sur des travaux ?

 

Un différend sur des travaux dégénère rarement du jour au lendemain. Il suit une escalade prévisible, et connaître les étapes permet d’agir plus vite et avec de meilleures preuves en main.

 

  1. Formaliser une mise en demeure précise, décrivant le désordre, la base légale invoquée (article 606, L.145-40-2) et un délai raisonnable de réponse, généralement quinze jours à un mois selon l’urgence.

  2. Évaluer l’urgence réelle : un désordre menaçant la sécurité des occupants ou l’exploitation commerciale justifie une saisine directe du juge des référés sans attendre l’expiration du délai de mise en demeure.

  3. Faire chiffrer le désordre par un tiers indépendant, via un devis détaillé ou une expertise technique, avant d’envisager de faire exécuter les travaux soi-même.

  4. Documenter chaque échange avec le bailleur, car un remboursement ultérieur des travaux avancés par le locataire suppose une preuve solide de mise en demeure préalable restée infructueuse, et le plus souvent une décision judiciaire ou un accord écrit.

 

Le point 4 mérite une attention particulière : un locataire qui fait exécuter lui-même des travaux normalement à la charge du bailleur, sans avoir épuisé la voie amiable ni obtenu d’accord écrit, prend un risque réel de ne jamais se faire rembourser, même si le désordre relevait bien de l’article 606.

 

Conseil de pro : avant d’engager la moindre procédure, faites vérifier vos devis et l’inventaire annexé au bail par un tiers spécialisé en gestion d’actifs immobiliers. Une mission d’audit AMO permet souvent de trancher, en amont, si un poste litigieux relève réellement d’une grosse réparation ou d’un entretien courant, ce qui évite des mois de contentieux inutile.

 

Quelle checklist contractuelle limite les litiges liés aux travaux ?

 

La meilleure protection contre un litige de travaux se construit avant la signature du bail, pas après le sinistre. Plusieurs réflexes contractuels réduisent nettement le risque.

 

L’inventaire précis et limitatif, poste par poste, reste le socle de toute sécurisation juridique. Un tableau annexé au bail qui détaille clos et couvert, équipements techniques, parties communes et quotes-parts respectives donne à chaque partie une visibilité claire sur ses obligations réelles. L’absence d’un tel document, comme le rappellent les analyses juridiques spécialisées, fragilise structurellement la position du bailleur en cas de refacturation contestée.

 

Les états triennaux doivent être calendarisés dès la signature, avec une procédure interne de suivi côté bailleur pour ne jamais manquer l’échéance des deux mois. Un décret tertiaire qui impose des trajectoires de performance énergétique complique encore cette gestion documentaire, ce qui justifie souvent un outil de suivi dédié plutôt qu’un simple tableau Excel partagé entre services.

 

Dans un ensemble immobilier comportant plusieurs locataires, la gouvernance des charges communes mérite une attention particulière :

 

  • Définir des clefs de répartition objectives (surface pondérée, quote-part de parties communes) et les documenter chaque année.

  • Organiser une réunion de pilotage technique annuelle réunissant bailleur, gestionnaire et, si besoin, les principaux locataires.

  • Recourir à une assistance à maîtrise d’ouvrage pour la rédaction des appels d’offres, le suivi de chantier et l’audit des charges refacturées.

 

Élément à sécuriser

Bonne pratique

Bénéfice attendu

Inventaire des travaux

Annexer un tableau poste par poste au bail

Base légale solide pour toute refacturation

État triennal

Calendariser l’échéance et le délai de deux mois

Conformité légale

Clauses de mise en conformité

Rédiger des clauses précises et limitées

Réduction du risque de nullité en cas de litige

Gouvernance multi-locataires

Réunion de pilotage annuelle et clefs objectives

Moins de contestations sur les charges communes

Les travaux suspendent-ils ou prolongent-ils la durée du bail ?

 

Des travaux lourds imposés par le bailleur, notamment lorsqu’ils rendent les locaux temporairement inexploitables, peuvent justifier une suspension du loyer proportionnelle à la gêne subie, voire une indemnisation si le préjudice commercial est démontré. Le bail lui-même n’est en principe ni interrompu ni automatiquement prolongé par la réalisation de travaux, sauf clause contraire ou accord négocié entre les parties.

 

En revanche, la question devient plus sensible au moment du renouvellement. Un locataire qui a financé des travaux d’amélioration significatifs peut chercher à faire valoir cet investissement dans la négociation du bail renouvelé, notamment pour éviter un déplafonnement du loyer qui viendrait annuler l’effet économique de son propre investissement. À l’inverse, un bailleur qui a exécuté des travaux de mise en conformité coûteux peut s’appuyer sur cet effort pour justifier certaines évolutions de loyer lors du renouvellement.

 

La prudence recommande d’anticiper ces scénarios dès la clause de travaux : préciser explicitement si des travaux lourds donnent lieu à une suspension partielle du loyer pendant leur exécution, et clarifier le traitement de ces investissements au moment du renouvellement. Un bail muet sur ce point expose les deux parties à une négociation tendue, souvent tranchée par un expert judiciaire faute d’accord amiable.

 

Les travaux modifient-ils le loyer d’un bail commercial ?

 

Des travaux substantiels peuvent avoir un effet direct sur le loyer, mais rarement de façon automatique. Le mécanisme central reste le déplafonnement, qui permet au bailleur de sortir de l’indice de révision habituel lorsque des travaux ont entraîné une modification notable des caractéristiques du local, sa surface corrigée, ou ses équipements.

 

Un local totalement restructuré, agrandi, ou dont la destination commerciale change significativement à la suite de travaux peut justifier un déplafonnement lors du renouvellement du bail. Ce mécanisme profite en principe au bailleur, puisqu’il permet de réaligner le loyer sur la valeur locative réelle du bien après travaux, plutôt que de rester bridé par l’indice contractuel.

 

À l’inverse, des travaux financés intégralement par le locataire, notamment des aménagements qu’il devra retirer en fin de bail, ne justifient en principe aucune hausse de loyer liée à cet investissement. La frontière entre ces deux situations dépend largement de la nature des travaux, de leur caractère durable, et de la clause de destination inscrite dans le bail.

 

Cette articulation entre travaux et loyer justifie une négociation attentive au moment de tout projet de rénovation d’ampleur, qu’il soit initié par le bailleur ou proposé par le locataire.

 

Quelles règles pour les travaux lourds ou d’amélioration du locataire ?

 

Un locataire peut vouloir aller au-delà de l’entretien courant : restructuration intérieure, extension, création d’un mezzanine, installation d’équipements techniques lourds. Ces travaux d’amélioration obéissent à un régime plus strict que les simples travaux d’aménagement.

 

L’accord écrit et préalable du bailleur devient quasiment incontournable dès que les travaux touchent à la structure, modifient la surface exploitable, ou nécessitent des démarches administratives (permis de construire, déclaration préalable). Sans cet accord, le locataire s’expose non seulement à une remise en état en fin de bail, mais aussi, dans certains cas, à une résiliation anticipée pour manquement contractuel si les travaux ont dégradé la valeur du bien.

 

Le devenir de ces améliorations en fin de bail dépend entièrement de ce que prévoit le contrat. Certains baux prévoient que les améliorations financées par le locataire reviennent au bailleur sans indemnité à l’échéance, un mécanisme parfois appelé accession sans indemnité. D’autres ouvrent droit à une indemnisation partielle, négociée à l’avance. En l’absence de clause claire, cette question devient l’une des sources de contentieux les plus fréquentes en fin de bail commercial, ce qui justifie de la traiter explicitement dès la rédaction initiale plutôt qu’au moment de la sortie.

 

Le regard d’Arkimmo sur la sécurisation des travaux en bail commercial

 

Après plus de 35 années passées dans la construction, la promotion immobilière et l’aménagement d’espaces de travail, une conviction s’impose : la majorité des litiges sur les travaux de bail commercial ne naissent pas d’un désaccord juridique, mais d’un défaut d’anticipation documentaire. Le texte de loi existe, la jurisprudence se précise, mais l’inventaire poste par poste annexé au bail reste, dans la pratique, l’élément le plus souvent bâclé ou absent.

 

L’approche AMO consiste précisément à combler ce vide avant qu’il ne devienne un contentieux. Un audit technique initial permet de qualifier chaque poste du bâtiment, structure, clos-couvert, équipements techniques, avant même la négociation du bail ou son renouvellement. Cet inventaire, une fois validé par les deux parties, devient l’annexe contractuelle qui protège le bailleur comme le locataire. Vient ensuite le pilotage des appels d’offres pour les travaux eux-mêmes, avec un suivi de chantier qui garantit le respect du budget et du calendrier annoncés, deux paramètres qui, en immobilier d’entreprise, dérapent plus souvent qu’on ne le pense lorsqu’aucun tiers indépendant n’arbitre.

 

Les asset managers et directeurs immobiliers qui intègrent cette logique en amont constatent généralement une meilleure maîtrise de leurs dépenses d’investissement et d’exploitation, une conformité réglementaire mieux tenue face au décret tertiaire ou aux normes ERP, et surtout beaucoup moins de dossiers qui finissent devant un juge des référés faute de documentation. La différence ne se joue pas sur la connaissance du droit, largement partagée dans la profession, mais sur la rigueur d’exécution documentaire au moment où elle compte : avant la signature, pas après le sinistre.

 

— Serbanne

 

Sécuriser vos travaux de bail commercial avec Arkimmo

 

Ark-immo est le partenaire à solliciter avant que la question des travaux ne devienne un point de friction contractuel plutôt qu’après. Contrairement à une gestion en interne sans expertise dédiée, notre mission AMO travaux couvre l’audit technique du bien, la rédaction de l’inventaire précis exigé par la loi Pinel, le pilotage des appels d’offres et le suivi de chantier jusqu’à la livraison.

 

[


Ark-immo

 

Cette assistance s’avère particulièrement utile dans trois moments clés de la vie d’un bail : avant la signature, pour bâtir un inventaire limitatif qui protège les deux parties ; en cours de bail, lors d’une mise en conformité réglementaire ou d’un désaccord sur la qualification d’un poste de travaux ; et en sortie de bail, pour arbitrer objectivement la remise en état et les charges à refacturer. Notre expérience de plus de 35 ans dans la construction et l’aménagement d’espaces professionnels nous permet d’intervenir à toute étape, en défendant vos intérêts de bailleur, de locataire ou de gestionnaire d’actifs.

 

Pour évoquer un projet de travaux, un audit de charges ou une mission d’assistance en cours de bail, contactez l’équipe Ark-immo via Ark-immo et présentez votre situation : un premier échange permet de cadrer rapidement le périmètre d’intervention adapté à votre actif.

 

Sources

 

 

Recommandation

 

 
 
 

Commentaires


bottom of page