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Réglementation IGH : seuils, SSI et obligations en 2026

Photo du rédacteur: ARKIMMO INTERNATIONAL
ARKIMMO INTERNATIONAL
27 août
17 min de lecture

Technicien vérifiant le matériel de sécurité incendie dans le hall d'un IGH

Un immeuble dépasse 28 mètres de plancher bas au dernier niveau pour un usage autre que l’habitation, ou 50 mètres pour un logement ? Il entre dans la catégorie des immeubles de grande hauteur, et trois obligations s’appliquent immédiatement, sans marge de négociation.

 

Premièrement, l’installation d’un système de sécurité incendie de catégorie A, avec détection automatique adressable et un centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI), devient obligatoire au titre de l’article GH 49 de l’arrêté du 30 décembre 2011. Troisièmement, le désenfumage mécanique doit maintenir des différences de pression contrôlées, typiquement entre 20 Pa et 80 Pa, entre les escaliers protégés, les sas et les circulations, comme le détaille Techniques de l’Ingénieur.

 

Ces trois piliers structurent toute la réglementation IGH française. Ils reposent sur un texte unique qui fait référence en la matière :

 

  • Arrêté du 30 décembre 2011 : règlement de sécurité pour la construction des IGH et leur protection contre l’incendie et la panique, texte consolidé sur Légifrance.

  • SSI catégorie A obligatoire : détection adressable, CMSI, DAS, sans exception de surface ou d’usage.

  • Compartimentage REI 120 : logique de confinement plutôt que d’évacuation générale immédiate.

  • Désenfumage sous pression contrôlée : plage de pression adaptée et vérifiée par essais aérauliques instrumentés.

 

Point clé : contrairement à un immeuble courant où l’évacuation totale reste souvent le réflexe premier, la stratégie IGH privilégie le confinement des occupants dans des zones protégées, ce qui change radicalement l’approche de conception et de maintenance. Pour un directeur immobilier ou un asset manager, cela signifie qu’un audit de conformité ne se limite jamais à cocher des cases : il faut vérifier que la logique de confinement fonctionne réellement, compartiment par compartiment.

 

Points clés

 

La conformité IGH repose sur trois piliers indissociables : seuils de hauteur correctement identifiés, SSI de catégorie A opérationnel, et compartimentage vérifié par des essais aérauliques réguliers plutôt que par un simple contrôle visuel.

 

Point

Détails

Vérifier le seuil exact

Mesurer le plancher bas du dernier niveau par rapport à l’accès des engins de secours : 28 m ou 50 m selon l’usage.

Sécuriser le SSI catégorie A

Contrôler détection adressable, CMSI et redondance des alimentations de secours documentés dans le dossier technique.

Tester la pression réelle

Faire réaliser des essais aérauliques instrumentés entre 20 et 80 Pa, pas seulement un contrôle visuel des volets.

Anticiper les travaux

Mettre à jour le cahier des charges SSI dès qu’un chantier touche au cloisonnement ou aux gaines techniques.

Faire appel à un AMO spécialisé

Ark-immo structure diagnostic, plan d’actions et pilotage multi-acteurs pour sécuriser la conformité avant une visite de commission.

Table des matières

 

 

Définition réglementaire et seuils : comment savoir si votre bâtiment est un IGH

 

La mesure qui détermine le statut IGH n’est pas la hauteur totale du bâtiment vue depuis la rue. Elle correspond à la distance entre le plancher bas du dernier niveau et le niveau du sol le plus haut accessible aux engins des services de secours, une nuance qui échappe souvent aux non-spécialistes et qui peut faire basculer un projet dans, ou hors, du régime IGH.

 

L’article R.122-2 du Code de la construction et de l’habitation fixe deux seuils distincts :

 

  • 28 mètres pour la plupart des usages non résidentiels : bureaux, commerces, établissements recevant du public intégrés à la tour.

  • 50 mètres pour les immeubles à usage principal d’habitation.

  • Au-delà de 200 mètres, on entre dans la catégorie des immeubles de très grande hauteur (ITGH), qui ajoute des exigences renforcées, notamment sur la résistance structurelle et les moyens de secours autonomes.

 

Cette distinction entre 28 et 50 mètres explique pourquoi deux tours voisines, l’une résidentielle et l’autre tertiaire, peuvent avoir des statuts réglementaires différents malgré une hauteur apparente comparable.

 

Les classes GH précisent ensuite l’usage réel du bâtiment et orientent les prescriptions techniques applicables. La classe GHA couvre les IGH à usage d’habitation, la GHW les immeubles à usage de bureaux (avec une subdivision entre W1 pour moins de 28 mètres au-dessus du plancher bas du premier niveau et W2 au-delà), et la GHO les hôtels. D’autres classes existent pour les établissements sanitaires (GHS) ou les tours de stockage et d’archives (GHZ). Chaque classe module certaines exigences, notamment sur la présence humaine, le désenfumage des locaux à risques ou la nature des sources de danger identifiées.


Schéma des classifications et des usages des IGH

Pour un asset manager qui acquiert un actif, la première vérification consiste donc à confirmer la classe GH inscrite dans le dossier de sécurité, pas seulement la hauteur affichée dans les documents commerciaux. Une erreur de classification à l’achat peut coûter cher lors de la première visite de commission, surtout si des travaux ont modifié l’usage sans mise à jour du dossier.

 

Quels textes de référence encadrent la conformité IGH ?

 

La réglementation IGH ne se résume pas à un texte unique, même si l’arrêté du 30 décembre 2011 en constitue la colonne vertébrale. Trois niveaux de documents structurent la conformité, et les confondre coûte du temps lors d’un audit.

 

  1. L’arrêté du 30 décembre 2011, dans sa version consolidée sur Légifrance, fixe le règlement de sécurité applicable à la construction et à l’exploitation des IGH. Il organise le texte en articles GH, chacun couvrant un aspect précis : l’article GH 1 définit le champ d’application, y compris pour les travaux sur bâtiments existants, tandis que l’article GH 49 impose le SSI de catégorie A. D’autres articles GH traitent du désenfumage, des dégagements, des installations électriques ou des moyens de secours.

  2. Les normes techniques françaises complètent l’arrêté sur le plan des produits et des installations. La NF S 61-931 encadre la conception des systèmes de sécurité incendie, tandis que la NF S 61-940 précise les règles d’installation des centralisateurs de mise en sécurité. Ces normes ne remplacent pas l’arrêté : elles en détaillent l’application technique pour les bureaux d’études et les installateurs.

  3. Les instructions techniques sur le désenfumage, référencées dans le corps réglementaire, donnent les méthodes de calcul et les valeurs de pression à respecter. Elles s’appuient sur des travaux publiés notamment par Techniques de l’Ingénieur, qui détaillent les calculs et mesures nécessaires pour valider une installation.

 

Un point technique mérite attention : l’arrêté prévoit des possibilités d’équivalence pour certains produits ou installations bénéficiant d’un marquage CE ou de certifications délivrées dans un autre État membre de l’Union européenne, sous réserve que le niveau de protection démontré soit équivalent à celui exigé par le texte français. Cette souplesse concerne surtout les composants industriels (détecteurs, câbles, clapets), rarement l’architecture générale du système de sécurité, qui reste soumise à la logique française du SSI catégorie A.

 

Pour piloter une mise en conformité, un workflow structuré de conformité réglementaire aide à hiérarchiser ces textes et à éviter qu’un chantier ne s’arrête faute d’avoir anticipé une exigence normative en amont du dépôt de dossier.

 

Que doit comporter un SSI de catégorie A dans un IGH ?

 

Le SSI de catégorie A représente le niveau d’exigence le plus élevé de la réglementation française, et c’est celui qu’impose systématiquement l’article GH 49 pour tout IGH, sans dérogation liée à la taille ou à l’usage du bâtiment. Ce choix n’est pas arbitraire : à cette hauteur, l’évacuation totale et rapide devient physiquement impossible, ce qui oblige le système à détecter, confiner et gérer le sinistre en autonomie pendant une durée prolongée.

 

Un SSI de catégorie A repose sur trois briques techniques. La détection incendie automatique doit être adressable, c’est-à-dire que chaque détecteur remonte une information individualisée au poste central, permettant de localiser précisément un départ de feu plutôt que d’indiquer une zone large. Le CMSI centralise ensuite ces informations et déclenche les scénarios de mise en sécurité programmés : fermeture des portes coupe-feu, mise en surpression des escaliers, arrêt des installations de ventilation concernées. Les dispositifs actionnés de sécurité (DAS), enfin, exécutent physiquement ces ordres : volets de désenfumage, clapets coupe-feu, ventouses de portes.

 

Composant

Fonction

Exigence spécifique IGH

Détection automatique

Repérage précoce d’un départ de feu

Adressable, couverture totale des circulations et locaux à risques

CMSI

Pilotage centralisé des scénarios de sécurité

Redondance des alimentations, autonomie de fonctionnement

DAS (volets, clapets, ventouses)

Exécution des ordres de mise en sécurité

Résistance au feu adaptée au compartiment desservi

Câblage

Transmission fiable des signaux

Câbles résistants au feu de type CR1 sur les circuits critiques

L’alimentation électrique de secours constitue un point souvent sous-estimé lors des audits. Le SSI doit continuer à fonctionner alors même que l’incendie affecte une partie du bâtiment, ce qui impose une redondance des sources d’énergie et un dimensionnement des batteries ou groupes électrogènes capable de couvrir la durée d’intervention des secours. Le câblage lui-même doit résister au feu, généralement via des câbles de catégorie CR1, sur les portions de circuit jugées critiques pour le maintien des fonctions de sécurité.

 

Conseil de pro : lors d’un audit d’acquisition, demandez systématiquement le schéma synoptique du SSI, les notices techniques des équipements installés et les procès-verbaux de réception. L’absence d’un seul de ces trois documents complique fortement la prochaine visite de commission, et leur reconstitution après coup peut prendre plusieurs mois auprès des installateurs d’origine.

 

Le dimensionnement des boucles de détection dépend directement de la surface des compartiments et du nombre de points de détection nécessaires par zone. Un bureau d’études spécialisé calcule ce dimensionnement à partir des plans, mais un acquéreur ou un gestionnaire d’actif doit vérifier que ce calcul a bien été mis à jour après chaque modification de cloisonnement, faute de quoi le système peut rester conforme sur le papier tout en étant inadapté à la configuration réelle des locaux.

 

Compartimentage et désenfumage : quelles prescriptions pratiques respecter ?

 

Le compartimentage constitue le cœur de la stratégie de sécurité en IGH, et il repose sur un principe simple à énoncer mais exigeant à maintenir dans le temps : confiner le feu plutôt que d’évacuer immédiatement tous les occupants. Ce choix découle d’une réalité physique, la longueur des cheminements d’évacuation dans une tour rendrait une évacuation générale trop lente pour être sûre.

 

Concrètement, la réglementation impose des parois et planchers séparatifs de degré coupe-feu REI 120, une résistance au feu de deux heures, avec une surface de compartiment généralement plafonnée à 2 500 m². Ce chiffre n’est pas arbitraire : il correspond à la surface maximale qu’un dispositif de désenfumage et une équipe d’intervention peuvent traiter efficacement avant que le sinistre ne se propage au-delà du compartiment d’origine.

 

Le désenfumage mécanique complète ce dispositif en maintenant des différences de pression précises entre les zones protégées et les zones sinistrées :

 

  • Les escaliers protégés et leurs sas doivent rester en surpression par rapport aux circulations adjacentes, afin d’empêcher la fumée d’y pénétrer.

  • Les circulations horizontales concernées par un sinistre passent en dépression relative pour orienter les fumées vers les exutoires.

  • La plage de pression à respecter recommandée par la réglementation, une fourchette suffisamment large pour tenir compte de la configuration du bâtiment tout en garantissant l’efficacité du confinement, selon les instructions techniques référencées par Techniques de l’Ingénieur.

  • Les volets et clapets de désenfumage doivent s’ouvrir ou se fermer selon un scénario piloté par le CMSI, sans intervention manuelle nécessaire en phase initiale.

 

Un contrôle visuel des installations ne suffit jamais à garantir que ces valeurs de pression sont réellement atteintes en conditions réelles. Seuls des essais aérauliques instrumentés, mesurant la pression effective aux points critiques du bâtiment, permettent de valider la performance du système. La fiabilité du désenfumage dépend directement de la régularité de ces mesures physiques, un contrôle purement visuel des trappes et volets ne donne aucune garantie sur l’efficacité réelle de la surpression.

 

Pour approfondir les logiques de compartimentage appliquées aux bâtiments tertiaires, notre guide sur les normes incendie applicables aux bureaux détaille les principes de limitation de la propagation qui recoupent, avec des seuils différents, la logique IGH.

 

Poste central et agents SSIAP : quelles obligations de présence humaine ?

 

Un SSI de catégorie A, quelle que soit sa sophistication technique, ne fonctionne pleinement qu’avec une présence humaine qualifiée capable d’interpréter les alarmes et de déclencher les bonnes actions. La réglementation IGH impose donc une présence permanente au poste central de sécurité, assurée par des agents SSIAP (service de sécurité incendie et d’assistance à personnes) dont le niveau de qualification et l’effectif dépendent de la classe et de la surface du bâtiment.

 

  1. La surveillance continue constitue la première mission de l’agent SSIAP en poste. Il observe les remontées d’information du SSI, identifie les alarmes techniques ou incendie, et déclenche les levées de doute nécessaires avant d’engager les procédures d’alerte.

  2. Le déclenchement et la supervision des scénarios CMSI relèvent ensuite de sa responsabilité directe. En cas de confirmation d’un sinistre, l’agent valide ou ajuste les actions programmées, notamment lorsque le scénario automatique doit être complété par une intervention manuelle sur une zone spécifique.

  3. La liaison avec les services de secours constitue la troisième fonction critique du poste central. L’agent transmet aux sapeurs-pompiers les informations de localisation précise, l’état des compartiments et l’avancement des mesures de confinement, ce qui accélère considérablement l’intervention sur site.

  4. La tenue du registre de sécurité et la transmission des informations lors des visites de contrôle complètent ces missions opérationnelles. Chaque anomalie, chaque déclenchement, chaque intervention de maintenance doit y être consigné avec précision, car ce document constitue la première pièce examinée par la commission de sécurité.

 

Un immeuble de bureaux de taille moyenne peut fonctionner avec une équipe restreinte en journée, tandis qu’un IGH mixte accueillant du public nécessite une présence renforcée, y compris nocturne. La formation continue de ces agents, avec mise à jour régulière des habilitations, reste une obligation permanente que les gestionnaires d’actifs sous-estiment parfois lors des transitions de prestataires de sécurité.

 

Maintenance et registre de sécurité : quelle périodicité respecter ?

 

La conformité IGH ne se prouve pas une fois pour toutes lors de la livraison du bâtiment. Elle se démontre en continu, à travers un programme de vérifications dont la périodicité et le contenu sont précisément définis par la réglementation et contrôlés lors des visites de commission.

 

  • Les vérifications trimestrielles, réalisées par échantillonnage sur les composants du SSI, permettent de détecter les dérives de fonctionnement avant qu’elles ne deviennent critiques : tests de détecteurs, vérification des asservissements sur un échantillon de portes coupe-feu, contrôle des alimentations de secours.

  • Les vérifications annuelles, plus complètes, couvrent l’intégralité des installations de sécurité : test exhaustif du SSI, essais aérauliques de désenfumage, contrôle des issues de secours et des moyens d’extinction, selon les pratiques détaillées par Alise SSI sur les spécificités d’installation en IGH.

  • Le registre de sécurité doit consigner l’ensemble de ces contrôles, les interventions de maintenance corrective, les formations dispensées au personnel et les observations formulées par la commission lors de ses visites précédentes.

 

L’absence ou l’incomplétude de ce registre expose le propriétaire à des sanctions qui vont de la mise en demeure à la fermeture administrative du bâtiment en cas de manquement grave et persistant, une conséquence lourde qui justifie une vigilance constante sur ce point souvent traité comme une formalité administrative secondaire.

 

Piloter ces obligations exige une gouvernance claire des contrats de maintenance, avec des indicateurs de suivi partagés entre le property manager et les prestataires techniques. Nos meilleures pratiques de maintenance bâtiment détaillent comment structurer cette périodicité sans multiplier les interventions redondantes, et un audit de maintenance multitechnique permet de vérifier, en amont d’un renouvellement de contrat, que les prestations réellement exécutées correspondent aux exigences réglementaires.

 

Commission de sécurité : comment se déroulent les visites et les suites administratives ?

 

La Commission Centrale de Sécurité, ou les commissions locales agissant sous son autorité, détient la compétence exclusive pour statuer sur la conformité réglementaire des IGH, une prérogative distincte du contrôle applicable aux établissements recevant du public de catégorie courante.

 

  1. La fréquence des visites suit généralement un rythme fixé par la préfecture ou l’autorité compétente, avec un contrôle périodique tous les trois ans dans la pratique observée pour la plupart des IGH, complété par des visites inopinées en cas de signalement ou de doute sur la conformité.

  2. Les éléments examinés couvrent le registre de sécurité, l’état des installations techniques, les procès-verbaux de vérification périodique, la formation des agents SSIAP et la cohérence entre le dossier technique et la configuration réelle du bâtiment. Un écart entre les plans archivés et l’agencement effectif des locaux constitue l’une des observations les plus fréquentes lors de ces visites.

  3. En cas d’avis défavorable, la commission formule des prescriptions assorties de délais de mise en conformité. Le propriétaire ou l’exploitant doit alors présenter un plan d’action daté, et l’absence de réponse dans les délais impartis peut conduire à une mise en demeure, puis à des mesures plus contraignantes pouvant aller jusqu’à la restriction d’exploitation.

 

Le dossier technique constitue le fil conducteur de cette relation avec la commission. Chaque modification du bâtiment, chaque remplacement d’équipement, chaque évolution d’usage doit s’y refléter avant la visite suivante, car une commission qui découvre un écart non documenté durcit systématiquement son appréciation sur l’ensemble du dossier.

 

Travaux et modifications : quand déclenchent-ils de nouvelles obligations IGH ?

 

L’article GH 1 précise que le règlement IGH ne s’applique pas rétroactivement à l’intégralité d’un bâtiment existant, mais il s’impose systématiquement aux parties modifiées, et cette nuance change complètement la manière de préparer un chantier dans une tour en exploitation.

 

Concrètement, dès qu’un projet touche au cloisonnement, aux gaines techniques, aux asservissements du SSI ou à l’équilibre aéraulique du désenfumage, l’exigence réglementaire se réactive sur la zone concernée, même si le reste du bâtiment conserve son régime d’origine. Un simple réaménagement de plateau de bureaux peut ainsi obliger à revalider tout un compartiment si les cloisons modifiées touchent à la résistance au feu REI 120, selon les principes de champ d’application posés par l’article GH 1 de l’arrêté.

 

Quatre points méritent une vigilance particulière avant tout démarrage de chantier :

 

  • Le cloisonnement : toute suppression ou déplacement de paroi coupe-feu doit être recalculé par rapport à la surface maximale du compartiment.

  • Les gaines techniques : leur modification affecte souvent l’étanchéité au feu entre niveaux, un point que les entreprises générales sous-estiment fréquemment.

  • Les asservissements SSI : chaque déplacement de cloison ou de porte coupe-feu impose une mise à jour du scénario de désenfumage programmé dans le CMSI.

  • L’équilibre aéraulique : toute intervention sur les gaines de désenfumage nécessite une remise à niveau des mesures de pression, l’équilibre de 20 à 80 Pa n’étant jamais acquis définitivement.

 

Conseil de pro : désignez un coordinateur SSI dès la phase de conception du chantier, et non après la découverte d’un premier écart lors des travaux. Ce rôle, souvent négligé dans les appels d’offres classiques, évite les allers-retours coûteux entre le bureau d’études et l’installateur du système de sécurité.

 

Avant tout chantier, une checklist opérationnelle minimale doit couvrir la vérification du dossier technique existant, l’identification des zones impactées par les travaux, la mise à jour du cahier des charges SSI et la planification des essais aérauliques post travaux.

 

Apport ARKIMMO : une méthodologie AMO pour la conformité IGH

 

Ark-immo structure ses missions de conformité IGH autour d’une démarche en trois temps, éprouvée sur des opérations d’immobilier d’entreprise depuis plus de 35 ans. Le diagnostic initial confronte le dossier technique existant à l’état réel des installations, ce qui révèle souvent des écarts non documentés entre les plans archivés et la configuration effective des locaux.

 

Les écarts les plus fréquents constatés sur ce type d’audit concernent :

 

  • Des mises à jour de cloisonnement non répercutées dans le dossier technique du SSI.

  • Des essais aérauliques anciens, réalisés avant une rénovation de plateau, jamais renouvelés.

  • Des registres de sécurité incomplets sur les interventions de maintenance corrective.

  • Des contrats de maintenance multitechnique mal calibrés par rapport aux exigences réelles de périodicité.

 

Ark-immo pilote ensuite la mise en conformité en coordonnant bureaux d’études, installateurs SSI et prestataires de maintenance, avec un suivi d’indicateurs portant sur le taux de conformité, les coûts engagés et le respect des délais fixés par la commission de sécurité. Les livrables remis intègrent un dossier technique actualisé et un plan de maintenance calibré, directement exploitables lors de la visite de commission suivante.

 

Comment se déroule l’évacuation des occupants dans un IGH ?

 

L’évacuation dans un IGH obéit à une logique différente de celle d’un immeuble courant : elle privilégie l’évacuation par phases plutôt que le mouvement simultané de tous les occupants vers l’extérieur. Ce choix découle directement du principe de compartimentage : les occupants d’un compartiment sinistré évacuent vers un compartiment adjacent protégé, ou vers les escaliers en surpression, tandis que les autres niveaux peuvent rester en attente si le confinement fonctionne correctement.

 

Les escaliers protégés, maintenus en surpression selon des valeurs réglementaires appropriées, constituent l’épine dorsale de cette stratégie. Ils doivent rester exempts de fumée même lorsqu’un sinistre affecte un niveau intermédiaire, ce qui suppose un désenfumage fonctionnel et testé, pas seulement conforme sur le papier.


Escalier de secours protégé avec système de surpression anti-fumée

Les agents SSIAP jouent ici un rôle déterminant : ils ajustent en temps réel les consignes diffusées, en fonction des informations remontées par le SSI et de la progression réelle de l’intervention des secours, une flexibilité qu’un système entièrement automatisé ne pourrait pas garantir avec la même finesse d’appréciation.

 

Comment former et sensibiliser les occupants d’un IGH ?

 

La performance d’un dispositif de sécurité incendie dépend autant de la réaction des occupants que de la sophistication technique du SSI. Un exploitant d’IGH doit donc organiser des exercices d’évacuation réguliers, généralement au moins une fois par an, associés à des séances d’information sur les consignes spécifiques au bâtiment.

 

Ces séances abordent la reconnaissance des signaux d’alarme, la localisation des cheminements de mise en sécurité propres à chaque compartiment, et le comportement attendu en cas de confinement plutôt que d’évacuation immédiate, un point souvent contre-intuitif pour des occupants habitués aux immeubles courants où l’évacuation totale reste le réflexe enseigné.

 

Les nouveaux locataires ou occupants d’un plateau de bureaux doivent recevoir cette information dès leur installation, et non lors du premier exercice programmé plusieurs mois plus tard. Un gestionnaire d’actif rigoureux intègre cette sensibilisation dans le processus d’accueil, avec un support écrit rappelant les consignes essentielles et les coordonnées du poste central de sécurité. Les agents SSIAP participent activement à ces formations, apportant une expertise pratique que les documents génériques ne suffisent pas à transmettre, notamment sur les spécificités de circulation propres à chaque tour.

 

Comment gérer les risques spécifiques liés à un IGH ?

 

La gestion des risques dans un IGH combine trois dimensions qui s’articulent en permanence : le risque incendie proprement dit, la logistique d’évacuation ou de confinement, et la coordination avec les services de secours extérieurs. Chacune impose des réponses techniques et organisationnelles distinctes, mais leur efficacité collective dépend de la cohérence entre elles.

 

Le risque incendie se traite d’abord par la prévention : limitation des charges combustibles dans les circulations, contrôle des installations électriques, respect strict du compartimentage lors de tout aménagement intérieur. La détection adressable et le SSI catégorie A réduisent ensuite le délai entre le départ de feu et la mise en œuvre des mesures de confinement.

 

La dimension évacuation ou confinement exige une coordination fine entre le poste central et les agents SSIAP présents sur site, car la décision d’évacuer un compartiment plutôt qu’un autre dépend d’informations en temps réel que seul un système bien entretenu peut fournir de manière fiable.

 

Un IGH dont le dossier technique est obsolète complique considérablement l’intervention des sapeurs-pompiers, indépendamment de la qualité intrinsèque des installations de sécurité.

 

Que faire en cas d’incident ou d’alerte dans un IGH ?

 

Une alerte déclenchée par le SSI enclenche une séquence précise, dont chaque étape doit être maîtrisée par le personnel du poste central avant même qu’un sinistre réel ne survienne. La première action consiste en une levée de doute : l’agent SSIAP vérifie la nature de l’alarme, distinguant un déclenchement intempestif d’un départ de feu confirmé, généralement en quelques minutes.

 

Si le sinistre est confirmé, le CMSI enclenche automatiquement les scénarios de mise en sécurité programmés sur le compartiment concerné : fermeture des dispositifs coupe-feu, activation du désenfumage, mise en surpression des escaliers adjacents. L’agent supervise cette exécution et alerte simultanément les services de secours en leur transmettant la localisation précise et l’état d’avancement des mesures automatiques.

 

Cette gestion différenciée, contre-intuitive pour des occupants non formés, justifie l’importance des exercices réguliers évoqués plus haut. Après l’incident, le registre de sécurité doit consigner l’intégralité de la séquence, des premières alarmes jusqu’à la levée du sinistre, un document que la commission de sécurité examine systématiquement lors de sa visite suivante.

 

Priorités opérationnelles 2026 pour les gestionnaires d’IGH

 

Trois priorités méritent l’attention des gestionnaires d’actifs cette année. D’abord, les vérifications aérauliques : trop de bâtiments s’appuient encore sur des mesures anciennes plutôt que sur des essais instrumentés récents, alors que l’équilibre de pression se dégrade avec le temps et les modifications successives des locaux.

 

Ensuite, la vague de rénovations tertiaires en cours, portée notamment par les exigences du décret tertiaire, va multiplier les interventions sur cloisonnement et gaines techniques. Chaque projet doit intégrer, dès la conception, son impact sur le compartimentage existant, faute de quoi les mauvaises surprises apparaîtront lors de la visite de commission suivante plutôt qu’en amont du chantier.

 

Enfin, la gouvernance des contrats de maintenance mérite d’être resserrée, avec une digitalisation progressive du registre de sécurité qui facilite la traçabilité et réduit le risque d’incomplétude lors des contrôles.

 

— Serbanne

 

Le service ARKIMMO pour sécuriser votre conformité IGH

 

Contrairement à un audit ponctuel confié à un bureau de contrôle isolé, Ark-immo pilote la conformité IGH dans la durée, en coordonnant bureau d’études, installateur SSI et mainteneur autour d’un même plan d’actions. C’est la différence entre recevoir un rapport de non-conformités et disposer d’un interlocuteur qui suit leur résolution jusqu’à la visite de commission suivante.

 

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Ark-immo

 

Notre offre de conseil immobilier et AMO s’appuie sur plus de 35 ans d’expérience en construction, promotion immobilière et exploitation de bâtiments complexes, avec une connaissance approfondie des aspects techniques, administratifs et réglementaires propres aux IGH.

 

Si votre bâtiment approche une visite de commission ou si un doute subsiste sur la conformité de son SSI et de son compartimentage, contactez Ark-immo pour cadrer une mission d’audit et de diagnostic réglementaire adaptée à votre calendrier.

 

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