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Récupération d’énergie dans le tertiaire : le levier discret qui change la trajectoire énergétique des bâtiments

  • Photo du rédacteur: ARKIMMO INTERNATIONAL
    ARKIMMO INTERNATIONAL
  • 17 déc. 2025
  • 6 min de lecture

récupération d’énergie dans un bâtiment tertiaire avec systèmes CVC

Cet article a été réalisé à partir des informations du Guide PROFEEL "Récupération d'énergie dans le tertiaire" . Ce guide très complet fait plus de 60 pages, nous vous proposons dans cet article les éléments qui nous paraissent importants.

Pour en savoir plus et aller plus loin, vous pourrez retrouver dans son intégralité le guide en suivant le lien ci-après


Avec le programme PROFEEL, la filière Bâtiment s’est rassemblée pour répondre collectivement aux défis de la rénovation énergétique.

16 organisations professionnelles ont été à l’initiative de cette démarche et, continuent aujourd’hui à la porter activement.

PROFEEL se compose concrètement de 8 projets, positionnés sur trois grands enjeux : favoriser le déclenchement des travaux de rénovation, garantir la qualité des travaux réalisés et consolider la relation de confiance entre les professionnels.

Ces projets s’appuient sur l’innovation, qu’elle soit technique ou numérique, afin de mieux outiller les professionnels du bâtiment, d’améliorer les pratiques sur le marché de la rénovation énergétique et de garantir la qualité des travaux réalisés. Ces outils permettront d’accompagner les acteurs durant toutes les étapes d’un projet de rénovation : en amont, pendant et après les travaux.



La récupération d’énergie dans le tertiaire s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique incontournable pour atteindre les objectifs du décret tertiaire, sans dégrader la valeur des actifs ni multiplier les investissements inefficients. Derrière ce terme encore perçu comme technique se cache une réalité simple : une part significative de l’énergie consommée par les bâtiments tertiaires est perdue… alors même que les besoins restent élevés.

Comprendre où se situent ces gisements, comment les exploiter et dans quelles conditions ils deviennent réellement pertinents est désormais une question de pilotage immobilier, pas seulement d’ingénierie.


Pourquoi la récupération d’énergie devient un enjeu central dans le tertiaire


Le secteur tertiaire représente environ 15 % de la consommation d’énergie finale en France, avec une consommation évaluée à plus de 209 TWh sur l’année 2020 selon les données du CEREN reprises dans le guide PROFEEL . Cette consommation est portée en priorité par le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la production de froid, des usages qui génèrent mécaniquement des rejets thermiques importants.


Ces rejets ne sont pas marginaux. Air extrait évacué sans valorisation, chaleur dissipée par les groupes froids, calories perdues dans les eaux grises ou dans les fumées de combustion : le tertiaire produit en continu ce que l’on appelle de la chaleur fatale. Longtemps ignorée car jugée complexe à exploiter, cette énergie devient aujourd’hui un gisement stratégique dans un contexte de pression réglementaire et de hausse durable des coûts de l’énergie.


La logique n’est plus seulement de consommer moins, mais de mieux utiliser ce qui est déjà produit. La récupération d’énergie s’inscrit précisément dans cette approche de sobriété intelligente, compatible avec les exigences économiques des propriétaires et des investisseurs.


chaleur fatale tertiaire et récupération d’énergie

Récupération d’énergie et décret tertiaire : un lien direct, mais souvent sous-estimé


Depuis l’entrée en vigueur du décret tertiaire, les propriétaires et occupants de bâtiments de plus de 1 000 m² doivent engager une trajectoire de réduction de leurs consommations d’énergie finale de 40 % à horizon 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, par rapport à une année de référence postérieure à 2010 .


Dans ce cadre, les actions classiques d’isolation et de remplacement d’équipements atteignent rapidement leurs limites, en particulier sur des actifs existants contraints architecturalement ou déjà partiellement rénovés. La récupération d’énergie devient alors un levier complémentaire, capable de produire des gains structurels sans modifier l’usage du bâtiment.


Le guide PROFEEL souligne clairement que les dispositifs de récupération et de valorisation d’énergie font partie des solutions permettant de répondre aux obligations du décret tertiaire, notamment lorsqu’ils sont intégrés dans une approche globale incluant le pilotage des systèmes techniques et les dispositifs de type BACS .


Autrement dit, la récupération d’énergie n’est pas une option marginale : elle participe directement à la crédibilité de la trajectoire réglementaire déclarée sur la plateforme OPERAT.


Où se cachent réellement les gisements d’énergie récupérable dans le tertiaire


La diversité des bâtiments tertiaires explique la variété des gisements exploitables. Le guide PROFEEL distingue plusieurs sources majeures de récupération d’énergie, chacune présentant des niveaux de maturité et de rentabilité différents selon les usages.


Dans les bureaux et les commerces, la récupération sur l’air extrait et sur les systèmes de climatisation représente un potentiel important. Les besoins de refroidissement, notamment dans les immeubles tertiaires modernes, génèrent une quantité de chaleur rejetée souvent sous-exploitée, alors même que des besoins de chauffage ou d’eau chaude subsistent.


Dans les établissements de santé, l’hôtellerie ou les équipements sportifs, les eaux grises constituent un gisement particulièrement pertinent. Les douches et usages sanitaires produisent des volumes d’eaux usées à des températures encore élevées, pouvant être valorisées pour le préchauffage de l’eau chaude sanitaire ou pour des usages basse température .


Les cuisines professionnelles et certains bâtiments tertiaires spécifiques offrent également un potentiel de récupération sur les fumées de cuisson ou de combustion, à condition de maîtriser les contraintes liées aux polluants et à la maintenance.


Enfin, des gisements plus ponctuels existent sur les ascenseurs à récupération d’énergie ou sur certaines installations photovoltaïques, même si leur contribution reste généralement secondaire à l’échelle d’un actif.


audit énergétique bâtiment tertiaire récupération d’énergie

Récupérer de l’énergie, oui… mais pas sans audit préalable


Le guide PROFEEL est très clair sur ce point : aucun projet de récupération d’énergie ne peut être pertinent sans un audit global préalable du bâtiment et de ses équipements . Cette phase est déterminante, car elle conditionne la faisabilité technique, la rentabilité économique et la durabilité des installations.


Un audit efficace ne se limite pas à identifier une source de chaleur fatale. Il consiste à analyser simultanément les flux chauds et les flux froids du bâtiment, leurs niveaux de température, leurs débits et surtout leur simultanéité dans le temps. Une récupération d’énergie performante repose sur l’adéquation entre une énergie disponible et un besoin réel.


Le guide évoque notamment l’intérêt de la méthode dite du « pincement », qui permet d’optimiser les échanges thermiques en minimisant les besoins énergétiques résiduels . Cette approche, encore trop peu utilisée dans le tertiaire, est pourtant décisive pour éviter les systèmes surdimensionnés ou sous-exploités.


Sans cet audit approfondi, la récupération d’énergie risque de devenir un investissement visible… mais peu efficace, voire contre-productif.


La récupération d’énergie comme outil de performance, pas comme gadget technologique


L’un des enseignements majeurs du guide PROFEEL est que la récupération d’énergie ne doit jamais être pensée comme une solution isolée. Elle prend tout son sens lorsqu’elle est intégrée dans une stratégie globale de performance énergétique, combinant enveloppe, systèmes, pilotage et usages.


Les dispositifs de type BACS, rendus obligatoires pour de nombreux bâtiments tertiaires depuis le décret de 2020, jouent ici un rôle clé. En optimisant le fonctionnement des installations techniques et en ajustant les consommations aux besoins réels, ils permettent de maximiser l’efficacité des systèmes de récupération d’énergie.


Dans cette logique, la récupération d’énergie devient un outil de pilotage fin, capable de produire des gains mesurables dans la durée, et non un simple ajout technique destiné à cocher une case réglementaire.


récupération de chaleur sur groupe froid bâtiment tertiaire

Pourquoi l’AMO fait la différence dans les projets de récupération d’énergie


La récupération d’énergie dans le tertiaire se situe à la frontière entre ingénierie, exploitation et stratégie immobilière. C’est précisément dans cet espace que le rôle d’une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage indépendante prend toute sa valeur.


Contrairement à une approche orientée solution, l’AMO se positionne comme garant de la cohérence globale du projet. Son rôle consiste à défendre les intérêts du maître d’ouvrage, à arbitrer entre les options techniques, à évaluer les temps de retour sur investissement et à intégrer les contraintes réglementaires, opérationnelles et patrimoniales.


Le guide PROFEEL insiste sur la nécessité d’une vision transversale, depuis l’audit jusqu’à la maintenance des systèmes de récupération . Cette continuité est rarement assurée sans un pilotage indépendant, capable de coordonner les différents acteurs et de sécuriser la performance réelle dans le temps.


pilotage énergétique bâtiment tertiaire décret tertiaire

Conclusion


La récupération d’énergie dans le tertiaire n’est plus un sujet prospectif réservé à quelques bâtiments exemplaires. Elle s’impose aujourd’hui comme un levier concret de conformité réglementaire, de performance énergétique et de maîtrise des coûts, à condition d’être abordée avec méthode et discernement.


Audit global, analyse des gisements, intégration aux systèmes existants, pilotage et suivi de la performance : c’est l’ensemble de cette chaîne qui conditionne le succès des projets. Dans un contexte où les exigences du décret tertiaire se renforcent, la récupération d’énergie devient un marqueur de maturité dans la gestion des actifs immobiliers.


Pour les décideurs du tertiaire, la question n’est plus de savoir s’il faut s’y intéresser, mais comment le faire intelligemment, sans subir les choix techniques et en sécurisant la trajectoire énergétique du patrimoine.



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