Décryptage du décret tertiaire : enjeux pour l’immobilier d’entreprise
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- il y a 4 heures
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La pression réglementaire s’intensifie pour les gestionnaires d’actifs et directeurs immobiliers en Europe centrale, avec des objectifs de réduction progressive imposés par le Décret Tertiaire. Ce texte français, issu de la loi ELAN, exige une maîtrise rigoureuse des consommations énergétiques pour tous vos bâtiments à usage tertiaire, incluant bureaux, commerces et établissements de santé. Vous trouverez ici des clés pour assurer la conformité réglementaire tout en améliorant la performance énergétique de votre portefeuille immobilier.
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Table des matières
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Résumé des points clés
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Point | Détails |
Décret Tertiaire | Le décret impose une réduction obligatoire de la consommation énergétique des bâtiments tertiaires, avec des objectifs ambitieux jusqu’en 2050. |
Objectifs de Réduction | Les objectifs incluent 40 % de réduction d’ici 2030, 50 % d’ici 2040, et 60 % d’ici 2050, calculés par rapport à une année de référence. |
Responsabilité | Le propriétaire ou gestionnaire d’actifs est responsable de la conformité, impliquant la déclaration annuelle et le respect des trajectoires imposées. |
Sanctions | En cas de non-conformité, des pénalités financières peuvent être appliquées, allant de mises en demeure à des amendes administratives. |
Définition et objectifs du décret tertiaire
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Le décret tertiaire est un texte réglementaire français qui impose une réduction progressive de la consommation énergétique des bâtiments à usage commercial, administratif et de services. Issu de la loi ELAN de 2018, ce dispositif s’inscrit directement dans les objectifs de transition énergétique et de lutte contre le changement climatique.
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Qu’est-ce que le décret tertiaire ?
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Le décret tertiaire cible spécifiquement les bâtiments hébergeant des activités tertiaires, c’est-à -dire le commerce, les services, les activités administratives et financières. Ce secteur représente près de 77 % des emplois en France et génère des consommations énergétiques importantes.
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Ce dispositif s’applique à vos bâtiments tertiaires dès lors qu’ils dépassent une superficie de 250 m², qu’ils soient occupés en propre ou loués. La réglementation vous impose des objectifs chiffrés de réduction, non des moyens spécifiques pour les atteindre.
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Périmètre d’application couvert :
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Immeubles de bureaux
Bâtiments commerciaux et points de vente
Structures d’accueil (hôtels, restaurants, établissements de santé)
Équipements sportifs et de loisirs
Bâtiments administratifs publics et privés
Entrépôts avec zones chauffées ou climatisées
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Les objectifs de réduction énergétique
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Le décret impose une réduction progressive et obligatoire de vos consommations énergétiques finales. Les objectifs sont ambitieux et s’échelonnent jusqu’en 2050, avec des jalons intermédiaires particulièrement exigeants.
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Trajectoires de réduction imposées :
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40 % d’économies d’énergie finale d’ici 2030
50 % d’économies d’ici 2040
60 % d’économies d’ici 2050
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Ces réductions se calculent par rapport à une année de référence (généralement 2010 ou une année antérieure si vous le justifiez). Pour vous, directeur immobilier ou gestionnaire d’actifs, cela signifie une obligation de résultat mesurable année après année.
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Contrairement à d’autres régulations, le décret tertiaire impose des objectifs de réduction d’énergie finale, pas uniquement des consommations de bâtiment vide. Vous devez réduire la consommation réelle liée aux usages (chauffage, refroidissement, éclairage, eau chaude).
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Objectifs environnementaux et climatiques
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Au-delà des chiffres, trois ambitions majeures structurent cette réglementation :
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Contribuer aux engagements climatiques de la France : Le Décret s’aligne sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre définis par les accords internationaux et la stratégie nationale bas-carbone.
Réduire la dépendance énergétique : La France vise l’indépendance énergétique. Diminuer les consommations énergétiques des bâtiments tertiaires réduit la pression sur les ressources nationales.
Décarboner le secteur immobilier : Le bâtiment tertiaire représente environ 13 % de la consommation énergétique française. C’est un secteur clé pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
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Vous êtes acteur de ce changement. Les décisions que vous prenez sur vos actifs immobiliers influencent directement la trajectoire climatique du pays.
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Pourquoi cette réglementation contraignante ?
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Le secteur tertiaire présente des potentiels d’amélioration énergétique importants. Contrairement à l’habitat résidentiel où les économies sont limitées par la diffusion des technologies, les bâtiments commerciaux et administratifs peuvent réduire leur consommation de 30 à 50 % sans investissements majeurs, simplement par une exploitation optimisée.
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La réglementation rend ces améliorations obligatoires plutôt que facultatives. Elle reconnaît que sans cadre contraignant, les propriétaires et gestionnaires ne réaliseraient pas ces réductions malgré leur rentabilité financière.
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Enjeux concrets pour vous :
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Obligation de piloter activement l’énergie de vos bâtiments
Risque de pénalités financières en cas de non-conformité
Nécessité d’identifier rapidement vos actions de réduction
Valorisation immobilière et attractivité accrue des actifs conformes
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Cadre légal et fondements juridiques
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Le décret tertiaire repose sur la loi ELAN (Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique) de novembre 2018. Cette loi transpose en droit français des directives européennes sur la performance énergétique des bâtiments.
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Le cadre réglementaire s’est progressivement renforcé :
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2018 : Loi ELAN et premiers décrets
2020 : Précisions réglementaires et périmètre étendu
2024 : Alignement avec la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD)
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Cette inscription dans un cadre légal strict signifie que vous devez vous conformer, indépendamment de considérations économiques personnelles. Les pénalités administratives et financières en cas de non-respect sont réelles.
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Conseil pro : Anticipez dès maintenant votre plan de conformité. Ne pas agir expose vos actifs à des risques réglementaires croissants et à une perte potentielle de valeur immobilière dans un contexte où les investisseurs priorisent de plus en plus les bâtiments performants énergétiquement.
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Champ d’application et bâtiments concernés
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Le décret tertiaire ne s’applique pas indistinctement à tous les bâtiments. Son périmètre est clairement défini par des critères de surface et de fonction. Comprendre si votre patrimoine immobilier est concerné est une étape indispensable pour anticiper vos obligations réglementaires.

Seuil de superficie obligatoire
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Le décret tertiaire s’impose uniquement aux bâtiments existants ayant une surface supérieure à 1 000 m². Ce seuil est un point de basculement : en dessous, vous n’êtes pas concerné. Au-dessus, vous entrez dans le champ d’application réglementaire complet.
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Cette limite de 1 000 m² correspond à la surface de plancher totale du bâtiment. Elle englobe tous les niveaux, les combles, les sous-sols et les surfaces annexes chauffées ou climatisées.
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Le seuil de 1 000 m² couvre environ 80 % de la surface tertiaire totale en France, ce qui signifie que la majorité de votre portefeuille immobilier tertiaire est probablement concernée.
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Types de bâtiments concernés
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Le décret cible spécifiquement les bâtiments à usage tertiaire, qu’ils soient publics ou privés. La notion de tertiaire est large et inclut toutes les activités de services.
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Catégories principales couvertes :
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Voici un tableau qui synthétise les principales catégories de bâtiments tertiaires concernés par le décret et leurs enjeux énergétiques.
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Catégorie de bâtiment tertiaire | Part d’activité nationale | Impact énergétique |
Bureaux et sièges sociaux | Forte présence secteur public et privé | Très grands postes de consommation CVC |
Commerces et centres commerciaux | Lieux de passage intensif et récurrence | Consommation élevée d’éclairage et climatisation |
Établissements d’enseignement | Représentation nationale majeure | Varie selon activités et occupation |
Établissements de santé | Opération continue tout au long de l’année | Usage intensif de chauffage et eau chaude |
Hôtels et hébergements | Ouvert toute l’année et forte occupation | Consommation saisonnière fluctuante |
Équipements sportifs et loisirs | Utilisation variable selon horaires et événements | Exploitation technique (ventilation, éclairage) |
Musées et bibliothèques | Activités centrées sur accueil du public | Régulation thermique et conservation |
Immeubles de bureaux et sièges sociaux
Commerces, magasins et centres commerciaux
Établissements d’enseignement (écoles, universités, centres de formation)
Établissements de santé (hôpitaux, cliniques, cabinets médicaux)
Bâtiments administratifs publics et collectivités territoriales
Hôtels, résidences touristiques et hébergements
Musées, bibliothèques, salles de spectacle et équipements culturels
Centres sportifs, salles de gym et installations de loisirs
Tribunaux, palais de justice et bâtiments judiciaires
Certaines infrastructures logistiques avec zones chauffées ou climatisées
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Bâtiments spécifiques et cas particuliers
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La réglementation englobe également des structures moins courantes. Les bâtiments présentant des travaux d’économie d’énergie doivent respecter les trajectoires de réduction même après intervention.
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Certains bâtiments industriels ou artisanaux ayant une fonction tertiaire connexe entrent dans le périmètre. Par exemple, un entrepôt avec bureaux administratifs intégrés sera concerné si la surface totale dépasse le seuil.
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Situations à clarifier :
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Bâtiments mixtes (résidentiel + tertiaire) : seule la part tertiaire compte
Locaux vacants : ils restent assujettis s’ils sont loués ou destinés au tertiaire
Bâtiments en transition fonctionnelle : la nouvelle fonction tertiaire déclenche l’application
Petits bâtiments satellites : chacun est évalué individuellement par rapport au seuil
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Qui est responsable de la conformité ?
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Vous, en tant que propriétaire ou gestionnaire d’actifs, portez la responsabilité réglementaire directe. Même si vous déléguez à un Property Manager ou à un Facility Manager, vous restez responsable devant l’administration.
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Cette responsabilité s’étend à :
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La transmission de vos consommations énergétiques annuelles
La justification du respect des trajectoires de réduction
La documentation de vos actions et investissements
La déclaration formelle auprès de l’administration
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En cas de non-respect, vous encourez des pénalités financières directes, indépendamment de vos sous-traitants.
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Exemptions et dérogations limitées
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Le décret prévoit quelques dérogations, mais elles sont restrictives et doivent être formellement justifiées auprès de l’administration.
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Vous pouvez demander une exemption partielle ou totale uniquement si :
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Vous pouvez justifier l’impossibilité technique de réaliser les travaux requis
Un bâtiment atteint déjà les objectifs avant le délai imparti
Des circonstances exceptionnelles et documentées empêchent la conformité
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Ces dérogations restent rares et nécessitent un dossier étayé. L’administration refuse généralement les demandes non argumentées techniquement ou financièrement.
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Vérification de votre périmètre immobilier
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La première action est de cartographier précisément vos actifs. Pour chaque bâtiment tertiaire, vérifiez :
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La surface de plancher totale chauffée ou climatisée
L’année de construction ou de dernière rénovation majeure
L’usage principal et secondaire du bâtiment
Les données de consommation énergétique disponibles
Les travaux réalisés depuis 2010
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Cette cartographie devient votre référence pour piloter la conformité année après année.
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Conseil pro : Identifiez vos bâtiments de plus de 1 000 m² et constituez un dossier par actif comprenant la surface, l’année de référence énergétique, et les factures de consommation depuis 2010. Cette documentation défensive vous évitera des litiges administratifs ultérieurs.
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Modalités de calcul et trajectoires de réduction
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Le décret tertiaire repose sur un système de calcul précis et des objectifs progressifs. Vous devez comprendre comment votre consommation énergétique est mesurée et quels paliers de réduction vous attendent. Cette logique de progression par étapes rend la conformité progressive mais exigeante.
Année de référence et point de départ
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La première étape consiste à définir votre année de référence. C’est le point de départ de tous vos calculs de réduction. Généralement, vous choisissez l’année 2010 ou une année antérieure si vous disposez de données fiables et documentées.
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Vous devez justifier ce choix par des factures énergétiques ou des relevés comptables. L’année de référence fixe votre consommation de base, appelée la consommation de référence.
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Calcul des consommations énergétiques
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Le décret impose une méthode précise de quantification des consommations énergétiques, en distinguant les usages majeurs. Cette distinction est importante car elle détermine votre trajectoire.
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Vos consommations se décomposent en deux catégories :
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Usages liés à la climatisation et au chauffage (CVC) : ventilation, chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire
Autres usages (usage spécifique) : éclairage, équipements informatiques, installations techniques, procédés
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Cet inventaire détaillé définit votre diagnostic énergétique de base et oriente vos actions de réduction.
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Le calcul porte sur l’énergie finale consommée réellement, pas sur l’énergie primaire. Cela signifie que vous mesurez ce qui sort du compteur, avec tous les usages inclus.
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Trajectoires de réduction progressives
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Le décret fixe des objectifs de réduction en pourcentage avec des jalons temporels spécifiques, basés sur votre consommation de référence. Vous ne devez pas atteindre les 60 % en une seule étape. La progression est graduée.
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Paliers obligatoires de réduction :
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2025 : 15 % de réduction minimum
2030 : 40 % de réduction minimum
2035 : 50 % de réduction minimum
2040 : 55 % de réduction minimum
2050 : 60 % de réduction minimum
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Chaque année, votre consommation réelle est comparée à ces objectifs. Vous devez produire des preuves de conformité annuellement auprès de l’administration.
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Modulations possibles en cas de contraintes
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Le décret reconnaît que certains bâtiments ou secteurs font face à des défis particuliers. Des modulations exceptionnelles peuvent être sollicitées en cas de contraintes techniques, architecturales ou économiques avérées.
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Vous pouvez demander une modulation si :
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Le bâtiment présente des contraintes techniques insurmontables (structure patrimoine, servitudes historiques)
Les économies attendues sont disproportionnées par rapport aux coûts d’investissement
Les travaux réduiraient drastiquement la valeur ou l’exploitabilité du bien
Des contraintes réglementaires ou architecturales empêchent certains travaux
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Ces dérogations restent l’exception. L’administration examine chaque demande individuellement et peut les refuser partiellement.
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Documentation et suivi annuel
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Vous devez constituer et mettre à jour un dossier de suivi énergétique comprenant :
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Factures et relevés de consommation annuels
Données d’intensité d’usage du bâtiment (nombre d’occupants, degrés-jours, heures d’exploitation)
Inventaire des travaux réalisés et de leurs impacts énergétiques
Preuves de conformité aux trajectoires prescrites
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Ce dossier doit être transmis à l’administration chaque année via la plateforme officielle de déclaration.
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Calcul par bâtiment ou par portefeuille
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Vous avez deux options de calcul : appliquer la réduction bâtiment par bâtiment ou agréger votre portefeuille immobilier tertiaire. L’agrégation permet de compenser les bâtiments performants avec ceux moins avancés.

Pour les portefeuilles importants, l’agrégation offre une flexibilité stratégique : vous pouvez hiérarchiser vos investissements en fonction des gisements réels d’économies.
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Conseil pro : Calculez dès maintenant votre consommation de référence pour chaque bâtiment de plus de 1 000 m² en utilisant vos factures 2009-2010. Plus votre année de référence est documentée et justifiée, plus votre trajectoire sera stable face aux vérifications administratives ultérieures.
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Obligations, responsabilités et sanctions
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Le décret tertiaire n’est pas une simple recommandation. C’est une réglementation contraignante avec des obligations précises, des responsabilités clairement attribuées et des sanctions réelles en cas de non-respect. Vous devez connaître exactement ce qui vous incombe et les risques encourus.
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Obligations déclaratives et de reporting
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Votre première obligation est de déclarer vos consommations énergétiques annuelles via la plateforme OPERAT, le système national de déclaration. Cette plateforme centralise les données énergétiques de tous les bâtiments tertiaires assujettis.
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Vous devez transmettre chaque année :
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Vos consommations réelles d’énergie finale par usage
Les surface et données de votre bâtiment
Vos travaux réalisés et leurs impacts énergétiques
Votre plan d’action pour l’année suivante
Les justificatifs de conformité aux trajectoires
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Cette déclaration doit être complète et honnête. Les fausses déclarations exposent à des pénalités aggravées.
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Obligation de mise en œuvre d’actions
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Au-delà de la déclaration, vous avez l’obligation concrète de réduire vos consommations selon la trajectoire imposée. Cette obligation de résultat signifie que vous devez atteindre les objectifs ou justifier pourquoi vous ne les avez pas atteints.
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Vous devez :
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Mettre en place des plans d’action de réduction énergétique
Investir dans les travaux d’amélioration technique et énergétique
Optimiser l’exploitation de vos bâtiments
Documenter chaque action et ses résultats mesurés
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L’administration contrôle régulièrement le respect effectif de ces obligations sur le terrain.
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Vous ne pouvez pas vous contenter de déclarer vos objectifs. Vous devez les atteindre réellement ou démontrer les obstacles insurmontables justifiant un écart.
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Qui est responsable : propriétaire ou locataire ?
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La responsabilité incombe au propriétaire ou au gestionnaire d’actifs. Même si vous louez votre bâtiment à un tiers, vous restez responsable devant l’administration de la conformité au décret tertiaire.
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Cependant, vous pouvez déléguer tout ou partie des obligations à votre locataire par contrat. Cette délégation doit être explicite et formalisée dans le bail ou un accord spécifique.
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En pratique, une répartition claire prévoit :
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Propriétaire : travaux structurels (enveloppe, systèmes techniques)
Locataire : exploitation optimisée et déclaration opérationnelle
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Mais vous restez garant auprès de l’État du respect global.
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Sanctions en cas de non-conformité
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L’administration dispose d’outils de contrôle et de sanction progressifs et graduels. Une non-conformité détectée n’entraîne pas immédiatement une pénalité maximale.
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Progression des sanctions :
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Mise en demeure : notification officielle de non-conformité avec délai de régularisation (généralement 6 mois)
Avertissement : si vous restez inactif après la mise en demeure
Amendes administratives : de 1 500 à 15 000 euros par bâtiment et par année de non-respect
Pénalités aggravées : jusqu’à 150 euros par m² de surface en cas de fausse déclaration volontaire
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Ces sanctions peuvent s’accumuler année après année si vous restez non-conforme.
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Risques indirects et impacts financiers
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Au-delà des pénalités administratives directes, la non-conformité crée des risques immobiliers et financiers importants :
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Dévaluation du bien : les investisseurs pénalisent les actifs non conformes aux régulations énergétiques
Impossibilité de refinancement : les banques refusent de financer des bâtiments en défaut réglementaire
Restrictions d’exploitation : l’administration peut imposer une fermeture partielle ou totale
Responsabilité environnementale : exposition à des recours collectifs ou associatifs
Perte d’attractivité locative : les locataires fuient les bâtiments non-conformes
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Les coûts indirects dépassent souvent largement les amendes directes.
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Contrôles administratifs et vérifications
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L’État a renforcé ses capacités de contrôle. Les bailleurs et exploitants doivent assurer la conformité via des plans d’actions vérifiables et documentés.
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L’administration procède à :
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Audits croisés des données déclarées avec les factures énergétiques réelles
Inspections physiques des bâtiments et des installations techniques
Vérifications des justificatifs d’investissement et d’amélioration
Contrôles des contrats de délégation et de sous-traitance
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Les fraudes sont détectées régulièrement et sévèrement punies.
Obligation d’audit énergétique régulier
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Vous devez réaliser ou mettre à jour un audit énergétique du bâtiment à des intervalles réguliers (généralement tous les 4 à 6 ans selon l’évolution réglementaire). Cet audit approfondi documente votre situation énergétique et guide vos plans d’action.
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L’audit doit être effectué par un prestataire qualifié et indépendant. Vous ne pouvez pas l’auto-évaluer.
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Conseil pro : Constituez dès maintenant un dossier de conformité documentant votre année de référence, vos consommations annuelles certifiées, et vos travaux réalisés. Cette documentation préalable vous évitera des litiges administratifs et vous permettra de justifier rapidement votre situation en cas de contrôle inopiné.
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Solutions pour optimiser conformité et performance
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La conformité au décret tertiaire n’est pas une charge à subir passivement. C’est une opportunité de transformer votre portefeuille immobilier en réduisant les coûts d’exploitation tout en respectant la réglementation. Des solutions éprouvées existent pour atteindre les deux objectifs simultanément.
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Démarche intégrée et pilotage structuré
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La clé du succès réside dans une approche méthodique et coordonnée. Plutôt que de réagir aux exigences réglementaires, vous devez anticiper en adoptant une démarche intégrée incluant diagnostic, planification et suivi continu.
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Une démarche efficace commence par :
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Audit énergétique complet de vos bâtiments tertiaires
Définition claire de votre année de référence et de votre consommation baseline
Identification des gisements d’économies prioritaires (rapide retour, fort impact)
Mise en place d’un plan d’action documenté et budgété
Suivi annuel via la plateforme OPERAT avec reporting transparent
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Cette structure offre clarté et maîtrise de vos obligations.
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Suivi régulier des consommations via OPERAT
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La plateforme OPERAT n’est pas un simple formulaire administratif. C’est votre outil de pilotage opérationnel. Un suivi régulier des consommations permet d’anticiper les trajectoires réglementaires et d’identifier les écarts rapidement.
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Vous devez :
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Transmettre vos données mensuelles ou trimestrielles (pas seulement annuellement)
Analyser les tendances pour détecter les anomalies
Comparer votre trajectoire réelle avec vos objectifs réglementaires
Ajuster vos actions si vous détectez un écart précocement
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Ce suivi granulaire réduit dramatiquement votre risque de non-conformité en fin d’année.
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Un suivi mensuel des consommations permet de détecter les dérives trois à six mois avant le contrôle administratif annuel. C’est votre filet de sécurité réglementaire.
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Audits énergétiques et plans d’action
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L’audit énergétique est votre diagnostic fondateur. Il doit être réalisé par un prestataire qualifié et indépendant, idéalement tous les 4 à 6 ans. Cet audit identifie précisément où se situent vos consommations inutiles.
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L’audit approfondi quantifie :
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Les pertes thermiques de l’enveloppe (parois, toitures, baies vitrées)
L’inefficacité des systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation)
Les fuites et dysfonctionnements des installations
Le potentiel d’optimisation par usage et par étage
Les coûts et délais d’amortissement de chaque action possible
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Sur la base de cet audit, vous élaborez un plan d’action réaliste priorisé par retour sur investissement.
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Automatisation et systèmes de pilotage (BACS)
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Les systèmes d’automatisation des bâtiments (BACS) et de gestion technique (GTB) sont des leviers majeurs de conformité. La Commission de régulation de l’énergie recommande la généralisation des systèmes d’automatisation pour améliorer la performance énergétique.
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Ces systèmes permettent :
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Programmation fine du chauffage et du refroidissement selon les usages réels
Extinction automatique des éclairages en zones inoccupées
Détection des anomalies de fonctionnement des équipements
Optimisation dynamique de la ventilation en fonction de la qualité de l’air
Réduction de 15 à 25 % des consommations énergétiques sans travaux structurels majeurs
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L’investissement initial s’amortit souvent en 3 à 5 ans par les économies réalisées.
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Travaux d’amélioration technique et structurelle
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Les solutions technologiques doivent s’accompagner de travaux. Vous devez hiérarchiser vos investissements par impact énergétique réel et viabilité économique.
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Travaux prioritaires souvent rentables :
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Amélioration de l’isolation thermique (toitures, murs exposés au nord)
Remplacement des vitrages simple vitrage par double vitrage performant
Modernisation des chaudières et installations CVC obsolètes
Installation de sources d’énergie renouvelable (panneaux solaires, pompes à chaleur)
Amélioration du système de distribution (calorifugeage des tuyauteries)
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Chaque projet doit faire l’objet d’une analyse coûts-bénéfices préalable.
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Ci-dessous, retrouvez une comparaison des solutions d’optimisation énergétique pour la conformité au décret tertiaire.
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Solution | Investissement initial | Économies potentielles |
Automatisation bâtiment (BACS) | Moyen à élevé | 15 à 25 % sans travaux lourds |
Audit énergétique approfondi | Faible à moyen | Identification ciblée des pertes |
Travaux d’amélioration technique | Élevé | 20 à 40 % selon isolation, CVC, vitrages |
Sensibilisation des occupants | Faible | 3 Ã 8 % via changement de comportements |
Modulation des usages | Faible | 5 Ã 10 % sans impact sur le confort |
AMO spécialisé | Moyen | Optimisation globale, réduction des risques |
Flexibilité électrique et modulation des usages
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Vous pouvez réduire vos consommations sans compromettre le confort des utilisateurs. La modulation intelligente des usages selon les périodes de pointe ou creuse réduit la charge totale.
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Ces solutions incluent :
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Décalage des charges non critiques (accumulation thermique, recharge de batteries)
Ajustement de la température ambiante de 1 à 2 degrés selon les saisons
Fermeture programmée de certains secteurs hors heures de travail
Optimisation des horaires de maintenance et nettoyage
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Ces mesures légères offrent souvent 5 à 10 % d’économies sans investissement.
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Engagement des occupants et sensibilisation
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La conformité réglementaire repose aussi sur le comportement des utilisateurs finaux. Un occupant sensibilisé et impliqué réduit les consommations sans aucun investissement.
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Mettez en place :
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Formation du personnel à l’économie d’énergie
Affichage visible des consommations en temps réel
Responsabilisation des gestionnaires de proximité
Compétitions amicales entre secteurs ou équipes
Retours réguliers sur les résultats atteints collectivement
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Cette dimension comportementale génère 3 à 8 % d’économies supplémentaires.
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Partenariat avec un prestataire AMO spécialisé
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Vous n’êtes pas obligé de gérer seul cette complexité réglementaire et technique. Un partenaire AMO spécialisé dans le pilotage du décret tertiaire vous aide à structurer votre démarche, à arbitrer entre les investissements, et à documenter votre conformité.
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Le rôle d’une AMO Exploitation comprend :
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Diagnostic indépendant de votre situation énergétique
Élaboration d’une stratégie de conformité réaliste et budgétée
Structuration des appels d’offres pour les travaux et services
Pilotage opérationnel et reporting régulier
Interface avec l’administration et les prestataires
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Cette approche réduit votre risque de non-conformité et optimise vos investissements.
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Conseil pro : Ne lancez pas immédiatement des travaux coûteux. Commencez par une phase d’optimisation opérationnelle simple (audit, automatisation de base, sensibilisation des utilisateurs) pour atteindre 20 à 30 % d’économies. Vous aurez une meilleure vision de vos besoins réels avant d’engager des budgets de rénovation majeure.
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Maîtrisez dès aujourd’hui la conformité au décret tertiaire avec ARKIMMO INTERNATIONAL
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Le décret tertiaire impose à votre immobilier d’entreprise des objectifs progressifs et contraignants de réduction énergétique. Vous devez piloter efficacement la maîtrise des consommations, assurer la conformité réglementaire et optimiser la performance technique pour préserver la valeur de vos actifs. Cette exigence représente un véritable défi opérationnel qui nécessite un accompagnement expert et structuré.

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Ne laissez pas ces obligations devenir un frein à la performance de votre patrimoine. ARKIMMO INTERNATIONAL vous propose une offre complète d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage, adaptée à vos besoins en gestion de projets, exploitation et audits énergétiques. Notre équipe expérimentée vous aide à structurer vos plans d’action, piloter le décret tertiaire, et optimiser vos investissements tout en sécurisant la conformité réglementaire.
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Questions Fréquemment Posées
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Qu’est-ce que le décret tertiaire ?
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Le décret tertiaire est une réglementation française qui impose une réduction progressive de la consommation énergétique des bâtiments à usage commercial, administratif et de services, afin de répondre aux objectifs de transition énergétique.
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Quels sont les objectifs de réduction énergétique fixés par le décret ?
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Le décret impose des objectifs de réduction de la consommation énergétique finale de 40 % d’ici 2030, 50 % d’ici 2040 et 60 % d’ici 2050, par rapport à une année de référence.
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Quels types de bâtiments sont concernés par le décret tertiaire ?
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Le décret s’applique aux bâtiments tertiaires de plus de 250 m², incluant les bureaux, commerces, établissements d’enseignement, hôpitaux, hôtels, et équipements sportifs, entre autres.
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Quelles sont les conséquences en cas de non-conformité au décret ?
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Les propriétaires ou gestionnaires d’actifs peuvent faire face à des sanctions telles que des amendes administratives, des mises en demeure, et, à terme, une dévaluation de leurs biens immobiliers en cas de non-respect de la réglementation.
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Recommandation
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